Bouche infère

10/07/2026 Non Par L'Ami Gardon

Une bouche infère s’ouvre sous le museau et pointe vers le bas, à l’opposé d’une bouche terminale (au bout de la tête) ou d’une bouche supère (tournée vers le haut). Cette position n’a rien d’anodin : elle trahit un poisson qui se nourrit au contact du fond, en fouissant le substrat pour y débusquer larves, vers, mollusques et petits invertébrés.

Beaucoup d’espèces fouisseuses de nos rivières en sont équipées. Le goujon et le barbeau portent en plus des barbillons, ces courts filaments tactiles et gustatifs qui prolongent la lèvre et servent à repérer la nourriture cachée dans le gravier. Chez le hotu, ce poisson brouteur des eaux courantes, la bouche infère est même bordée d’une lèvre cornée qui racle les algues et le biofilm sur les galets.

Sur le terrain, cette anatomie oriente la façon de pêcher. Pour ces poissons, on présente l’appât posé sur le fond ou dérivant tout au ras, jamais entre deux eaux. Une esche naturelle (ver de terreau, asticot, pain) plombée au contact du substrat, avec un léger amorçage du poste, donne de bien meilleurs résultats qu’un montage décollé. À l’inverse, un poisson à bouche supère guette vers la surface et ne réagira pas aux mêmes présentations.

Ce terme en situation :