Egi-Oh K ou Egi-Oh LIVE : quelle turlutte japonaise pour vos calamars ?
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Egi-Oh K ou Egi-Oh LIVE : les deux turluttes japonaises de Yamashita pèsent presque le même poids en taille 3.5 (22 et 21 grammes), mesurent la même longueur et coulent à la même vitesse, environ trois secondes par mètre. Ce qui les sépare, c’est ce qu’elles font dans l’eau. La K est une turlutte à chute stabilisée : un aileron la fait descendre droit et ses écarts sont volontairement bridés, pour les calamars méfiants, les postes très pêchés et le vent de travers. La LIVE est une turlutte à écarts larges : son lest en forme de lame la fait zigzaguer sur place pour déclencher l’attaque d’animaux actifs, quand on prospecte. Si vous n’en prenez qu’une pour débuter en automne, prenez la LIVE ; si vos calamars suivent sans attaquer, c’est la K qu’il vous manque.
En bref
| Critère | Egi-Oh K | Egi-Oh LIVE |
|---|---|---|
| Archétype | chute stabilisée, écarts bridés | écarts larges, avancée réduite |
| Pièce maîtresse | Hydro Fin, aileron transparent sous le ventre | Blade Sinker, lest en étain profilé en lame |
| Poids en 3.5 | 22 g | 21 g |
| Chute en 3.5 (Basic) | env. 3 s/m | env. 3 s/m |
| Tailles au catalogue | 2.5 à 4 | 2 à 3.5 |
| Versions lentes en 3.5 | Shallow (env. 6 s/m), Super Shallow (env. 8 s/m) | Shallow, 19 g (env. 6 s/m) |
| Calamars visés | méfiants, suiveurs, postes fréquentés | actifs, début de saison, prospection |
| Prix au Japon, hors port | 5 à 8 EUR l’unité | 5 à 8 EUR l’unité |
Ce qu’elles ont en commun
Les deux sortent du même fabricant, Yamashita, la marque d’eging de Yamaria, et suivent la même architecture : un corps en forme de crevette habillé de tissu, un lest sous la tête, une couronne d’hameçons sans ardillon à l’arrière. Les deux se numérotent en « gô », la longueur du corps exprimée en sun, une ancienne unité japonaise d’environ trois centimètres : une 3.5 mesure 105 millimètres sans le panier d’hameçons, chez l’une comme chez l’autre.
Les deux se montent aussi exactement sur le même matériel, et c’est une bonne nouvelle : on peut les alterner sur la même canne au cours de la soirée sans rien changer d’autre que l’agrafe. Canne d’eging de 2,40 à 2,60 mètres, moulinet de taille 2500 ou 3000, bas de ligne en fluorocarbone de 20 à 25 centièmes : le montage complet et l’animation de base sont détaillés dans notre guide de la pêche du calamar à la turlutte japonaise.
Enfin, les deux sont conçues au Japon pour l’aori-ika, un calamar des mers chaudes, et non pour le calamar commun et la seiche que nous pêchons sur nos côtes. Elles y fonctionnent très bien, mais les repères de profondeur et de saison des vidéos japonaises ne se transposent pas ligne à ligne : c’est vrai pour les deux, et cela ne départage donc pas.
La K : l’archétype de la chute stabilisée
Yamashita présente la K comme un modèle spécialisé pour les conditions difficiles et les calamars peu actifs, développé pour répondre à la pression de pêche croissante sur les postes japonais. Tout son dessin sert une idée : quand l’animal suit la turlutte sans se décider, ce qui le fait fuir est un leurre qui part dans tous les sens, et ce qui le fait attaquer est une descente lente, droite et prévisible.
La pièce qui porte cette idée est l’Hydro Fin, une petite excroissance transparente placée sous le ventre, vers l’arrière. Elle joue le rôle d’un gouvernail : d’après le constructeur, elle supprime les oscillations latérales et verticales pendant la chute, et la turlutte descend droit même quand le vent tire sur la bannière. C’est exactement la situation où une turlutte classique se met à planer de travers et où l’on ne sait plus ce qu’elle fait.
Deux autres détails complètent le tableau. Le lest, large et aplati, accepte les réglages maison chers aux Japonais : un fil de plomb enroulé pour accélérer la chute, ou ses trous agrandis pour la ralentir. Et les deux rangées d’hameçons ont des angles d’ouverture différents, pour tenir sur les prises timides, celles où le calamar n’enlace le leurre que du bout des bras. Specs complètes et coloris sur la fiche de la Yamashita Egi-Oh K 3.5.
La LIVE : l’archétype des écarts larges
La LIVE prend le parti inverse. Yamashita la vend comme sa turlutte à écarts faciles : chaque coup de scion la fait partir de côté, franchement, pour provoquer un calamar actif plutôt que pour rassurer un calamar méfiant. Le mouvement s’appelle le dart, ou darting, et c’est lui qui déclenche l’attaque réflexe sur les animaux en chasse.
Le cœur du modèle est son lest, le Blade Sinker, coulé dans un étain que la marque présente comme un matériau à faible impact environnemental et profilé comme une lame qui tranche l’eau. Son intérêt ne tient pas seulement à l’amplitude des écarts, mais à ce qu’il limite la distance parcourue vers le pêcheur à chaque animation. Le constructeur l’exprime ainsi : sur un lancer de 50 mètres, il compte 200 animations avec la LIVE contre 150 avec la Q LIVE qu’elle remplace. C’est un chiffre de fabricant, mesuré selon son propre protocole, mais l’idée est juste : une turlutte qui avance peu reste plus longtemps sur le poste au lieu de le traverser.
Le centre de gravité a été abaissé par rapport à la génération précédente, ce qui stabilise la turlutte en vol au lancer, et les yeux sont traités en 490 GLOW, une phosphorescence calée sur la longueur d’onde à laquelle l’aori-ika serait le plus sensible d’après le fabricant. Le détail des tailles et du nuancier est sur la fiche de la Yamashita Egi-Oh LIVE 3.5.
Face à face taille par taille
Poids et vitesses de chute publiés par Yamashita pour la version Basic de chaque taille (tableaux de spécifications du constructeur, relevés en septembre 2026). Les vitesses sont des valeurs approchées : elles varient avec la densité de l’eau, le fil et la manière dont on tient la ligne.
| Taille | Egi-Oh K | Egi-Oh LIVE |
|---|---|---|
| 2 | absente du catalogue | 6,5 g, env. 5,5 s/m |
| 2.5 | 11 g, env. 5 s/m | 10 g, env. 5,5 s/m |
| 3 | 16 g, env. 3 s/m | 15 g, env. 3,5 s/m |
| 3.5 | 22 g, env. 3 s/m | 21 g, env. 3 s/m |
| 4 | 26 g, env. 3 s/m | absente du catalogue |
Trois lectures de ce tableau. D’abord, la vitesse de chute dépend de la taille bien plus que du modèle : les petites 2 et 2.5 coulent presque deux fois plus lentement que les 3.5, et il faut en tenir compte avant de conclure qu’une turlutte « ne descend pas ». Ensuite, en 3.5, la taille par défaut sur nos côtes, les deux sont à égalité parfaite sur la chute : le choix ne se fait pas là. Enfin, en taille 3, la LIVE descend un peu plus lentement que la K, ce qui la rend plus facile à tenir au-dessus d’un fond encombré.
Les deux gammes ne couvrent pas le même terrain. Seule la LIVE descend à la taille 2, utile sur des calamars de l’année encore minuscules ou en eau très claire. Seule la K monte à la taille 4, 26 grammes et 120 millimètres, pour lancer plus loin, chercher plus profond ou tenir dans le courant. Pour les petits fonds et les herbiers, chacune a sa version lente en 3.5 : la Shallow de la LIVE, et chez la K une Shallow et une Super Shallow encore plus lente.
Laquelle pour quelle situation ?
Début de saison, calamars actifs : la LIVE. En septembre et en octobre, les calamars de l’année sont nombreux, curieux, et réagissent à l’agressivité. Des écarts amples, par séries de trois à cinq coups de scion, couvrent le poste vite et font sortir les animaux en chasse. Sur des calamars encore petits, sa taille 3 ou 2.5 passe souvent mieux que la 3.5.
Postes fréquentés, calamars qui suivent : la K. Sur une digue pêchée tous les soirs, il arrive de voir les calamars accompagner la turlutte jusqu’au bord sans jamais la saisir. C’est la situation pour laquelle la K a été dessinée : moins d’écarts, une descente rectiligne, et un leurre qui laisse à l’animal le temps de se décider.
Vent de travers, houle, courant : la K. Quand le vent fait ventre dans la bannière, une turlutte à écarts larges devient difficile à lire, et on ne sait plus si elle chute, plane ou dérive. L’aileron de la K garde une descente droite, donc une profondeur que l’on peut encore compter.
Prospection de grandes zones, vent dans le dos : la LIVE. Son centre de gravité bas la tient droite en vol, et sa faible avancée à chaque écart permet de travailler longtemps une cassure éloignée au lieu de la traverser en deux animations.
Seiche près du fond : plutôt la K. La seiche se tient plus bas que le calamar et attaque volontiers une turlutte qui descend lentement et droit ; la version Basic convient sur la plupart des postes du bord, la Shallow évite d’accrocher sur deux ou trois mètres.
Petits fonds et herbiers : match nul, à condition de prendre une version lente. En 3.5, la Shallow de l’une ou de l’autre coule autour de six secondes par mètre, deux fois plus lentement que la Basic, et se pose moins vite dans les herbes.
Animer l’une et l’autre
Le geste de base est le même : on lance, on laisse descendre en comptant les secondes, on donne une série de coups de scion secs en récupérant le mou, puis on laisse redescendre sur ligne légèrement tendue. C’est presque toujours pendant cette descente que le calamar enlace le leurre. La différence est dans le dosage : la LIVE se pêche en séries franches, dont chaque coup produit un écart visible, alors que la K pardonne une animation plus retenue et fait l’essentiel de son travail pendant la chute.
La touche se lit de la même façon avec les deux : la bannière cesse de se dérouler, se tend de travers, ou devient lourde à la reprise. Le ferrage doit alors être franc et ample, vers l’arrière, parce que les pointes de la couronne n’ont pas d’ardillon et qu’il faut les planter.
C’est pendant le combat que les calamars se perdent, sur l’une comme sur l’autre turlutte : un instant de mou ou un frein trop serré déchire les bras de l’animal. Réglez-le assez souple pour qu’il cède quand le calamar se braque, et gardez la tension jusqu’à l’épuisette.
Côté fil, les deux se pêchent sur une tresse PE de 0.6 à 0.8, un numéro japonais qui décrit la grosseur du fil et ne se convertit pas rigoureusement en millimètres. Plus elle est fine, moins le vent et le courant font ventre, ce qui profite surtout à la LIVE lancée loin.
Sur une turlutte dont on compte la descente, une tresse à repère métrique a un vrai intérêt : c’est l’un des arguments qui départagent les deux références japonaises du site dans notre comparatif YGK ou Varivas.
Prix et import : ce que ça coûte vraiment
Sur le prix, le match est nul : les deux se paient de 5 à 8 EUR l’unité hors port sur Amazon Japon selon le coloris (relevé en septembre 2026). En France, la K se trouve de 16 à 19 EUR chez les enseignes spécialisées, et la LIVE autour de 17 à 18 EUR chez les détaillants relevés à la même date. Le produit est le même des deux côtés : on paie la distribution, pas une qualité différente.
Le port depuis le Japon tourne autour de 21 EUR par colis, et la TVA française s’ajoute au paiement. Une turlutte seule n’a donc aucun intérêt à l’import. Le calcul des fiches, posé à partir du milieu de la fourchette, fait retomber l’unité sous le prix français à partir de quatre pièces environ, et nettement en dessous au-delà de six. C’est précisément là que ce comparatif trouve sa conclusion pratique : un colis mixte, quelques K et quelques LIVE dans des coloris différents, amortit le port et remplit la boîte avec les deux écoles.
La TVA est prélevée au moment du paiement, sous la forme d’un dépôt de frais d’importation affiché au récapitulatif de commande : vérifiez sa présence avant de valider, c’est lui qui garantit qu’il n’y aura rien à régler au livreur. La marche à suivre complète est dans notre guide pour commander sur Amazon Japon.
Un point à connaître avant de remplir le panier : sur Amazon Japon, la disponibilité à l’export s’apprécie référence par référence, donc ici coloris par coloris et taille par taille. Les deux coloris qui ancrent nos fiches, le 006 de la K et le 004 de la LIVE, étaient vendus et expédiés par Amazon.co.jp au moment de la rédaction ; chaque autre ligne du colis se vérifie de la même façon. Le mécanisme est expliqué dans notre article sur le moulinet japonais face à sa version export.
Notre verdict
Pour une première turlutte japonaise, du bord, en automne : l’Egi-Oh LIVE en 3.5. Elle correspond à la saison où l’on débute, quand les calamars sont nombreux et actifs, elle apprend le geste du dart, et elle permet de couvrir vite une digue que l’on ne connaît pas encore.
Voir le prix de l’Egi-Oh LIVE 3.5 sur Amazon JaponPour les postes très pêchés, les soirs de vent de travers et les calamars qui suivent sans attaquer : l’Egi-Oh K en 3.5. C’est la turlutte que l’on sort quand la LIVE ne fait plus rien, et celle qui garde une descente lisible quand les conditions se gâtent.
Voir le prix de l’Egi-Oh K 3.5 sur Amazon JaponEt la vraie réponse, pour qui pêche régulièrement : les deux. Au même prix unitaire et dans le même colis, une turlutte de chaque école vaut mieux que deux fois la même, parce qu’elle vous laisse répondre à l’humeur des calamars au lieu de la subir. Commencez la soirée à la LIVE pour chercher les animaux actifs, et basculez sur la K dès que les touches se raréfient ou que les calamars se contentent de suivre.
Questions fréquentes
La K est-elle trop technique pour un débutant ?
Non. Elle se pêche avec le même montage et le même geste que la LIVE, et sa descente droite la rend même plus facile à lire par vent de travers. Elle est simplement moins adaptée à la situation la plus courante du débutant, l’automne sur des calamars actifs, où les écarts larges de la LIVE provoquent plus d’attaques.
La LIVE remplace-t-elle la Q LIVE ?
Oui, d’après Yamashita : la LIVE actuelle en est la génération suivante, avec un lest redessiné en étain et un centre de gravité abaissé. La marque lui attribue 200 animations sur un lancer de 50 mètres, contre 150 pour la Q LIVE ; les anciennes Q LIVE restent parfaitement pêchantes si vous en avez dans la boîte.
Quelle taille prendre si je n’en achète qu’une de chaque ?
La 3.5 dans les deux cas. C’est la taille où les deux modèles sont directement comparables, celle qui se lance le plus loin dans la gamme LIVE, et celle dont le nuancier est le plus large chez la K et au moins aussi large que celui des autres tailles chez la LIVE. La 2.5 ou la 3 viennent ensuite, pour le tout début de saison.
Faut-il un bas de ligne différent pour chacune ?
Non. Un bas de ligne en fluorocarbone de 20 à 25 centièmes, long d’un mètre à un mètre cinquante, convient aux deux et permet de passer de l’une à l’autre à l’agrafe, sans refaire de nœud.
Sur vos postes, avez-vous déjà vu des calamars suivre une turlutte à écarts larges jusqu’au pied de la digue sans l’attaquer, et qu’est-ce qui les a finalement décidés : un changement de modèle, de coloris ou de rythme d’animation ? Racontez en commentaire à quel moment de la soirée vous basculez de l’une à l’autre.
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