L’ablette

Autrefois, ce joli petit poisson de vif-argent était l’un des plus foisonnant dans les cours d’eau des plaines, faisant la joie de tous les pécheur, du plus novice au plus expérimenté. Hélas, l’ablette connut une nette régression, voire même une disparition dans les eaux les plus touchées par la pollution.
Mais elle est encore très présente dans certains secteurs, où les grandes concentrations de fin d’hivers permettent des pêches exceptionnelles !
Effectivement, certains pécheurs spécialistes de la pêche de vitesse parviennent à en prendre plus de cinq cents en une heure ! À savoir également que l’ablette a subit de lourdes pertes suite à l’explosion démographique du sandre.

Nom scientifique de l’ablette :
Alburnus alburnus ; famille des cyprinidés
Noms communs ou régionaux :
Abiette, able, abliau, aubiat, aublette, blanchet, couteau, dormelle, gobio, mirandelle, ocelle, sardine…

L'ablette
Alburnus alburnus

Caractéristiques physiques de l’ablette

  • Morphologie : le corps de l’ablette est allongé et latéralement aplati.
  • Nageoires : la nageoire caudale est légèrement échancrée.
  • Bouche : petite avec une mâchoire inférieure qui dépasse la mâchoire supérieure et qui est orientée vers le haut.
  • Écailles : elles sont petites et très fragiles, souvent, le simple fait de récupérer ce poisson dans la main suffit à lui enlever quelques écailles.
  • Couleur : le corps est globalement argenté avec un dos gris-bleu ou gris-vert. Par conséquent, c’est un poisson qui brille fortement au moindre rayon de soleil.
  • Taille : sa taille courante est de 8 à 12 cm pour une dizaine de grammes. Cependant, elle peut parfois atteindre jusqu’à 26 ou 28 cm pour un poids aux alentours des 200 grammes !

Reproduction

La fraie de ce cyprinidé a lieu en mai-juin. À cette période, la femelle va déposer environ 2000 œufs sur des plages à pentes douces et à fonds de gravier ou d’herbes aquatiques.

Habitat

L’ablette est présente quasiment dans toutes les eaux douces qui ne sont ni trop froides, ni trop boueuses. Dans des rivières agitées, elle sera présente dans les secteurs peu rapides. En eau calme, on la retrouvera à proximité des herbiers ; dans les grands lacs, cependant, elle peut errer au large en bancs compacts.
Étant donné la forme de sa bouche, c’est entre deux eaux ou proche de la surface qu’elle cherche sa nourriture. En hiver, elle redescendra vers des eaux plus profondes. Néanmoins, un simple rayon de soleil pourra la faire remonter.

Comportement et Nourriture

Essentiellement grégaire, l’ablette vit surtout en rivière et petits plans d’eau, en petites troupes, exploitant ainsi tous les apports de nourriture possibles. Mais, dans les grands lacs alpins, il est possible d’observer d’immenses bacs composés de centaines de milliers d’individus. Ce cyprinidé se nourrissant de petits insectes terrestres ou aquatiques, de larves, de petits crustacés, de vers et de débris végétaux, c’est donc un omnivore. En surface, elle produit parfois de multitudes de petits ronds de gobage qui la trahissent facilement.

Modes de pêche

La promptitude de l’ablette à attaquer les esches du pécheur rend sa pêche des plus amusante. Ses grandes concentrations saisonnières nous permettrons de réaliser de très belles pêches, entre décembre et avril selon les régions. L’ablette répond bien à un amorçage qui crée un nuage blanc ou jaunâtre en surface.

Pêche au coup

Pour commencer, avec l’ablette, c’est environ 50% d’amorçage pour la réussite de sa pêche au coup. Cependant, l’amorce doit être régulière, constante. Mettre beaucoup d’amorce une fois sera peu efficace, il faut en mettre en petite quantité, de façon continue.

  • Matériel : une canne à pêche raide et légère de 2 à 5 mètres selon la zone de pêche. La ligne sera en 6 ou 7/100 d’un seul tenant.
  • Esches : vers de vase, mini-asticots, cubes de lard, boulette de mie de pain, pâte molle, petits caillots de sang…
  • Action de pêche : le plus laborieux est de faire venir les ablettes sur la zone de pêche. Une fois effectué, le principe est de garder contact avec le banc en modifiant éventuellement le réglage de la hauteur du flotteur. Il est essentiel de maintenir le fil tendu afin de pouvoir réagir instantanément à leurs touches éclair. Quand la densité de poisson sera suffisamment importante, les spécialistes de la pêche de vitesse remplacent l’esche par une petite perle rouge de 2 à 3 mm de diamètre.

Pêche à l’insecte naturel

Cette pêche se pratique lorsque les ablettes gobent activement dans le courant, principalement l’été. On utilisera le même type de canne que pour la pêche au coup, éventuellement un peu plus souple ; une ligne en 8 à 10/100 avec un mini flotteur à 50 cm de l’hameçon et dont le poids favorisera les lancers. Pour l’esche, asticots, fourmis ailées et mouches de maison feront l’affaire.
La ligne sera étalée en travers du courant et devant soi. En retenant de temps en temps, on laissera dériver. Un gobage visible ou un déplacement du flotteur traduiront la touche ! Alors, ferrer d’un petit coup de poignet latéral pour ne pas arracher la lèvre du poisson.

Pêche à la mouche artificielle

L’ablette est un poisson gobeur, c’est pourquoi elle peut être pêchée à la mouche. Cependant, réussir à ferrer plus de deux poissons sur cinq sera un bon résultat. C’est pourquoi ce mode de pêche constitue un super entraînement pour les pêcheurs à la truite !
D’abord, on utilisera le même matériel que pour la truite : une canne de 2,5 à 3 mètres de long, de la soie en numéro 3 ou 4, un bas de ligne de 3 m comportant une longue pointe en 12/100. Le petit « train » de mouches montées sur un hameçon n°18 ou 20 se compose d’un petit palmer en pointe et d’une ou deux araignées ou imitation de fourmis ailées. Pêcher sur les gobages visibles en queue de courant.

pêche à la mouche artificielle
Ablette qui a fait mouche sur une petite araignée artificielle
L'ablette observée en petit banc
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