Comment pêcher le sandre ?

Repérer les postes pour pêcher sandre

Comme le sandre est un poisson grégaire, les troupes ne se trouvent concentrées que sur quelques points privilégiés. On imagine donc combien il peut être intéressant pour un pêcheur de bien connaître les caractéristiques idéales des postes pour pêcher le sandre. Or, on se retrouve, encore une fois, face à la complexité comportementale du sandre. La même difficulté à définir le profil du poste type, car l’expérience montre qu’il peut, à un moment ou à un autre, chasser sur des secteurs qui semblent totalement atypique.

Un poste au loin
Poste de pêche

Cela dit, les postes à sandre les plus fréquemment occupés obéissent à certaines constantes. Plutôt utile pour un nouveau venu sur un secteur de pêche, car il ne sera pas totalement démuni. De plus, cela lui permettra d’éviter de ne s’en remettre qu’au hasard pour leur découverte. Le problème est évidemment différent pour le pêcheur qui a l’expérience de son secteur et une bonne connaissance topographique des fonds. Parmi ces constantes, on peut retenir :

En fleuves ou en rivière

  • tout obstacle ou relief brisant le courant et créant un remous ou une zone relativement calme et profonde. On peut citer les piles de pont, les obstacles immergés, les ouvrages portuaires, les bacs de sables…
  • Les confluents avec les tributaires.
  • Toute “ouverture” vers une zone plus calme : entrée de bras mort, chenal de communication avec une balastière, rétrécissement donnant accès à un étang, un marais…
  • Le pied des barrages et des écluses.

En plans d’eau naturels : étangs et lacs

  • Tout obstacle noyé pouvant servie de poste d’affût lors des chasse. Par exemple, les gros cailloux ou rocher, les bois noyés, pontons, grands herbiers de pleine eau…
  • Les arrivées des courant des petits tributaires.
  • La proximité de toute les ruptures de pente : discontinuité dans un relief uniforme, pied de rive, haut-fond…
  • Les parages des îles et îlots.
  • Les pointes, les avancés et les promontoires.
  • Les baies et les anses.
  • Les plages en pente douce donnant sur un fond important.

En plans d’eau artificiels creusés par l’homme

Bien entendu, les mêmes que précédemment, auxquels on peut rajouter :

  • les abords de chenal de communication avec le cours d’eau.
  • Le rétrécissement entre deux bassins.
  • Un courant d’arrivée venant d’un autre bassin, d’une source, d’un petit tributaire, et naturellement, le courant de sortie.
  • Les abords immédiats de la drague qui creuse le plan d’eau.
  • Tous les matériaux noyés et abandonnés par l’exploitant : câbles, godets de drague, barges…

En lac de barrage

  • Tous les bois noyés : du simple buisson rivulaire, aux racines noyées et aux branches baignantes jusqu’aux grands arbres engloutis sous plus de 20 mètres d’eau.
  • La tête du lac, c’est à dire l’arrivée de la rivière mère.
  • la proximité de l’ancien lit noyé de la rivière.
  • Toutes les ruptures de la pente d’une rive.
  • Le pied des parois rocheuses tombant verticalement.
  • Le pied des rives, où se sont créés des éboulis caillouteux.
Lac de barrage
Lac de barrage en Savoie

Les différentes techniques pour pêcher le sandre

En théorie, il est possible de pêcher le sandre toute l’année, y compris au cœur de l’hiver (en témoigne de jolies prises faites dans des étangs en partie pris par la glace). Cependant, les meilleures chances se situent en automne et au printemps, lorsque les sandres sont sur leurs frayères. Mais bien sûr, pour cette période, la conscience du pêcheur doit remplacer la législation peu rigoureuse (ouverture de la pêche au 1er mai alors que la fraie peut aller jusqu’en avril). Pendant l’été, les très belle pêches et les bredouilles peuvent se succéder sans qu’il soit possible d’expliquer ces variations.
Quant aux conditions météorologiques, aux phases lunaires et aux heures de la journée les plus favorables, il est une fois de plus encore plus hasardeux avec le sandre qu’avec n’importe quel autre poisson d’essayer de dégager des indications générales. D’autant que tout diffère selon le type de plan d’eau ou de rivière, la profondeur, la clarté de l’eau, les saisons…

Ainsi, dans tel lac profond, un beau temps calme en été sera sans doute favorable alors qu’à la même époque, dans un étang peu profond, les meilleurs conditions seront réunies par vent d’ouest et ciel couvert, ou par une petite pluie chaude tombant doucement. Il n’y a guère d’autre solution que de se forger sa propre expérience en notant méticuleusement, à l’issue de chaque pêche, ses résultats et toutes les informations utiles.

Le grand problème que nous avons désormais en tant que pêcheur (surtout au lancer), c’est cette faculté d’adaptation du sandre dans les plans d’eau très pêchés, face à certaines techniques facilement repérables par lui et dont il a appris à se méfier. C’est le cas notamment pour le poisson mort manié dans certains lacs ou encore pour certains leurres dans les régions où on les utilise beaucoup. Nécessairement, le pêcheur devra lui aussi évoluer s’il veut continuer à prendre régulièrement du sandre. Il y a là un vaste et passionnant champ d’expériences à venir.

Utilisant d’abord des méthodes de pêche empruntés à celles du brochet et de la perche, les pêcheurs de sandre ont progressivement développé au cours des dernières décennies, des techniques spécifiques adaptées au comportement de ce carnassier. C’est pourquoi, on trouve maintenant dans le commerce tout l’éventail du matériel permettant de les mettre en oeuvre.

Pêcher le sandre à poste fixe, aux lignes posées

Cette technique statique consistant à tendre un piège esché d’un appât naturel est des plus simples. C’est aussi une des plus efficace et donc des plus populaire parmi les pêcheurs français. Elle peut se pratiquer à plusieurs cannes du bord, ou en bateau.

Les appâts et les eschages

  • Les vifs : tous les poissonnets de 6 à 10 centimètres de longueur peuvent convenir. Mais les meilleurs espèces sont les suivantes : gardon, ablette, vairon, rotengle, chevesne, able, vandoise et bien sûr le goujon.
  • Les poissons morts : les mêmes que précédemment, mais en notant qu’un poisson tué juste avant son installation sur la ligne est souvent bien meilleur que celui qui meurt au fond de l’eau.
  • Les morceaux de poisson. N’importe quel poisson un peu gros et découpé en bouchées peu faire l’affaire. Mais dans ce cas, c’est avec l’anguille dont le sandre semble particulièrement apprécier la chaire, que cette opération s’avère la plus facile.
  • L’écrevisse américaine. Une ou deux de ces petites écrevisses constituent souvent le vif idéal dans certaines eaux.

Le matériel pour la pêche à poste fixe, aux lignes posés

  • Une canne à anneaux d’action souple, mais nerveuse. On la prendra d’une longueur de 3 à 4,50 mètres selon que l’on opère en bord ou en bateau, en eau calme ou courante.
  • Un moulinet à tambour fixe, correctement garni d’un bon nylon fluorescent de 20 à 26/100. Exceptionnellement 28/100 dans le secteurs fortement encombrés de bois noyés.

Les différents montages

  • Le montage traditionnel à plombée coulissante. Ce montage convient très bien aux bonnes conditions de pêche : fonds propres et sandres mordeurs.
  • Le montage à plombée coulissante en dérivation. Particulièrement sensible, et recommandé sur fonds vaseux ou très empierrés. Dans ce deuxième cas, utiliser un brin en dérivation plus faible que la ligne elle-même (le brin cassant) pour limiter la perte à cette seule partie.
  • Le montage à plombée fixe en dérivation. Ce montage dit “de fuite” n’est autre qu’un système auto-ferreur. Employé avec des plombées suffisamment grosses (30 à 50 grammes) et un eschage à ferrage immédiat, il répond parfaitement à certaines exigences. Par exemple, les postes très exigu. Ou alors, quand les carnassiers se contentent de tuer les vifs sans les avaler. C’est le seul montage qui doit être mis en oeuvre pick-up du moulinet fermé et frein réglé dur.
  • Le montage avec flotteur coulissant à plat. Dans ce cas, le flotteur permet de soutenir la bannière en surface, au-dessus d’obstacles noyés, dans lesquels elle risquerait de se bloquer.
  • Le montage flottant. Ici, les lignes flottantes à flotteur coulissant ou fixe ne sont pas spécifique de la pêche du sandre. Voir les articles sur la pêche au brochet ou la pêche à la perche pour les différents montages.
Joli sandre pêché en bateau
Sandre pêché en bateau

L’action de pêche

Que ce soit du bord ou en bateau, l’approche et l’installation sur un poste doivent se faire dans la discrétion la plus totale.
Après avoir esché d’un vif ou d’un poisson mort et réglé éventuellement la position du flotteur, ligne est lancée à l’endroit voulu et la canne est posée sur ses supports. En rivière, incliner la canne à 60°, bannière tendue, afin de soustraire le maximum de fil à la poussée du courant. En revanche, en eau dormante, elle doit pointer vers l’eau, bannière mollement tendue. Pour les montages flottants, la canne est simplement posée à l’horizontale. Le pick-up du moulinet est ouvert et la ligne momentanément bloquée par un petit système (élastique, clip, petit caillou sur la bobine…).

Même si les indicateurs de touche des pêcheurs de carpe s’avèrent parfois utiles, ils ne sont pas conseillés. Car, ils alourdissent et encombrent le pêcheur lors de son action de pêche. De nombreux pêcheurs ont pris l’habitude de placer en guise d’indicateur un petit cube de polystyrène blanc sur la bannière, juste devant l’anneau de tête de scion. Bien visible, il offre ainsi l’avantage, lors d’une touche, d’indiquer avec précision la longueur de ligne sortie.
En l’absence de touche, cette pêche à poste fixe ne doit pas se résumer en une contemplation passive des lignes :

  • tirer toutes les 10 minutes d’un bon mètre ou deux sur la bannière afin de déplacer les appâts.
  • Modifier le réglage de la profondeur d’évolution des lignes flottantes.
  • Relancer les lignes un peu à gauche, ou à droite, ou plus loin…
  • Changer d’appât en remplaçant par exemple un vif ou mort par un morceau de poisson.
  • En dernier recours, se déplacer et changer de poste.

Touche, ferrage et lutte : le flotteur vient de s’enfoncer dans l’eau ou la bannière s’est brusquement tendue et s’échappe rapidement de la bobine : c’est la touche ! Le pêcheur doit alors agir différemment selon le mode d’eschage :

  • Pour un ferrage immédiat, prendre la canne en main, enclencher le pick-up. Retendre la ligne en récupérant l’excédent de bannière jusqu’au contact du poisson et ferrer amplement. Ensuite, éviter de donner du fil au poisson et l’éloigner au plus vite des obstacles. Lorsqu’il sera en pleine eau et que tout danger sera écarté, on pourra le travailler comme dans le cas qui suit.
  • Pour un ferrage retardé, bien laisser partir le carnassier en vérifiant que le fil se déroule normalement. Puis, attendre que le carnassier reparte franchement pour prendre la canne en main, rabattre le pick-up, retendre la ligne comme précédemment et, dès la sensation du contact avec le poisson, ferrer.

La défense du sandre est assez caractéristique. Il reste sur le fond, puis il tente de fuir. En général, sa fuite se fait latéralement par rapport à l’axe de traction de la ligne, en donnant des coups de tête. Avec un gros poisson, cette défense peut être assez âpre et durer de longues minutes. Mais avec les sandres de petite et moyenne taille, elle dure peu de temps, d’autant que l’hameçon est presque toujours piqué dans l’arrière-gorge, handicap insurmontable.

Pêcher le sandre à prospecter

La grande difficulté de la pêche au sandre, nous l’avons vu, consiste à trouver les troupes en activité de chasse. Les techniques itinérantes, souvent plus efficaces que celles à poste fixe, sont également tout un panel de techniques. Découvrez-les sur cette article dédié à la pêche à prospecter.

Tout savoir sur le sandre

Des origines du sandre à ses comportements, lisez un article consacré à cet espèce de carnassier !

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