La brème

Devant la prolifération constatée de ce poisson dans la plupart de nos eaux calmes de basse altitude, trois facteurs ont été repéré pour expliquer ce phénomène.
En premier, la résistance de la brème face à la pollution, principalement la pollution organique, qui lui apporte une plus grande quantité de nourriture.
En second, le manque de prédateurs spécifiques capable de limiter leur population dans ces mêmes eaux. Les gros brochets n’étant plus assez nombreux pour pouvoir jouer ce rôle, et les sandres n’ayant pas la bouche adaptée pour avaler de si grosses proies. C’est en fait le silure qui est peut-être la solution à ce problème.
Enfin, la diminution voire l’absence de prélèvement par les professionnels pour lesquels ce poisson n’a pas d’intérêts économiques, et par les pêcheurs qui préfèrent s’orienter vers d’autres espèces.
Il y a en réalité deux espèces de brème : la grande brème et la bordelière. Elles sont toutes deux très prolifiques, mais les pécheurs ne sont vraiment intéressés que part la première pour le coup de ligne qu’elle peut procurer. La bordelière sera tout de même pêchée par les amateurs de brochets, qui l’utiliseront comme vif ou sur monture à poisson mort.

Nom scientifique de la brème :
Abramis brama (grande brème), et Bjoerkna blicca (brème bordelière) ; famille des cyprinidés
Noms communs ou régionaux :
Grande brème : mordorée, brame, breume, brème carpée, plateau.
Brème bordelière (ou commune) : brémette, brémaille, plaquette…

Caractéristiques physiques de la brème

  • Morphologie : les deux espèces se ressemblent beaucoup et seule la taille et la couleur permettent de les reconnaître (et encore). La brème est un poisson au corps bien large voire même bossu pour les plus gros spécimens, et très aplati latéralement.
  • Nageoires : la caudale est largement échancrée.
  • Bouche : elle possède des lèvres dites protractiles qui lui permettent de recueillir de la nourriture en fouillant dans les fonds vaseux.
  • Écailles : elles sont recouvertes d’un mucus abondant qui améliore ses qualités hydro-dynamiques. Mais les pécheurs n’en sont pas fans du tout car il reste collé à tout ce que va toucher la brème une fois sortie de l’eau.
  • Couleur : les brèmes bordelières sont plutôt grises et blanches argentées, tandis que la grande sera plus sur du doré et un dos sombre.
  • Taille : en moyenne, la grande brème est comprise entre 30 et 60 centimètres, pour un poids entre 2 et 3 kilogrammes. Mais les plus gros spécimens peuvent atteindre les 70 centimètres et dépasser les 5 kilogrammes. Pour la bordelière, on restera sur des tailles bien plus modestes, on dépassera très rarement les 30 centimètres.

Reproduction

La fraie a lieu entre mai et juin. Les brèmes vont se rassembler sur les herbiers de façon massive, principalement près des bordures où mâles et femelles se livrent à des ébats bien bruyants.

Habitat

La brème colonise surtout les eaux calmes des plans d’eau, avec peu de courant, des parties avales des cours d’eaux, auxquelles elle a d’ailleurs donné son nom. Les gros sujets séjournent dans les zones les plus profondes avec un fond de vase. Quant au plus petites, elles se tiennent plutôt en bordure des herbiers, dans des eaux moins profondes.

breme commune
Bjoerkna blicca aussi appelée brème commune

Comportement et nourriture

Ce poisson a lui aussi un comportement grégaire bien marqué. En effet, elles vivent en troupes plus ou moins importantes selon la taille des individus qui la compose. Se déplaçant lentement selon un circuit bien établi, elles ne s’en écarteront que pour profiter d’un apport inhabituel de nourriture. Un amorçage par exemple, ou tôt le matin et tard le soir, pour explorer des eaux moins profondes pour trouver à manger.
Les brèmes se nourrissent essentiellement d’organismes benthiques et planctoniques. C’est-à-dire, des larves aquatique, des mollusques, des crustacés, des vers, des débris végétaux… Elles les recherchent en fouillant dans le fond d’une manière très caractéristique en basculant vers l’avant.

Cependant, elle mange aussi les œufs des autres poissons et peut donc faire des ravages chez les autres espèces. Aucune espèce n’y échappe, les carnassiers compris. De plus, les gros sujets n’hésitent pas à s’attaquer à des poissons de petites tailles, de 4 à 8 centimètres. On peut le vérifier dans des fleuves comme la Seine, en péchant au poisson mort manié.

Les modes de pêche de la brème

Tant pour sa pêche que pour son intérêt gastronomique (inexistant), les pécheurs ont souvent peu d’estime pour ce poisson. Mais, dans les courants sur lesquels elle sait prendre appui pour la lutte, les beaux spécimens peuvent livrer des combat intéressant, combat dont elle peut sortir vainqueur. Entre la fin du printemps et le milieu de l’automne, on peut réaliser de formidables pêches. En effet, c’est sur toute cette période qu’elle développe une activité alimentaire intense. Cependant, il est facile de faire aussi de belles pêches en hiver. Lors des crues, elles se rassemblent dans les grands remous plus calme des bordures. Et, grâce à l’amorce, il est très facile d’attirer un bon banc sur son poste de pêche.

abralis brama
Grande brème sortie de l’eau

Pêche à la ligne flottante tenue à la main

Trois grandes techniques sont envisageables pour ce type de pêche :

  • Une technique dite classique : à l’aide d’une canne de 6 à 9 mètres de longueur pour une pêche de bordure, équipée de préférence d’un élastique intérieur et d’une ligne flottante traditionnelle.
  • À l’anglaise, avec un flotteur fixe ou coulissant selon la profondeur. C’est la technique la plus adaptée en lac ou en grand cours d’eau. Car le poisson est au large, et/ou en profondeur et il faut aller le chercher.
  • Méthode à la longue coulée, avec une canne à anneaux de 5 à 6 mètres, de type bolognaise. Le moulinet est garni de 100 mètres de fil de 14 ou 16/100. Même montage traditionnel que pour la technique dite classique. Par contre, il sera monté sur la ligne directement issue du moulinet.

Pour les esches, asticots, vers de terreaux, vers de vase, maïs doux, mie de pain, seuls ou panachés entre eux de n’importe quelle façon feront l’affaire.
Après un bon amorçage, on réglera le bouchon façon que le bas de ligne traîne sur le fond. La touche de la brème est en principe plutôt lente et sans difficulté pour le ferrage. De plus, en eau calme, par son action de basculer en avant puis de se remettre d’aplomb, on pourra repérer la touche par un relevage voire une mise à plat du flotteur.

Pêche à la ligne posée

Avec le même matériel et les mêmes montages, on posera simplement la canne, le bas de ligne traînant sur le fond. Plus sympathique pour pouvoir profiter du beau temps, ce mode de pêche est aussi plus rentable, car on peut poser plusieurs cannes.

Pêche au swing-tip ou au quiver-tip

Pour ce mode de pêche, nous consacrerons un article, vous pouvez y accéder en cliquant sur le titre. On utilisera cependant les mêmes esches que les modes précédents. L’inconvénient si les brèmes sont nombreuses sur le coup, c’est qu’elles provoqueront une quantité de fausses touches. Avec leurs corps larges, elles se cogneront facilement sur le fil…

L’amorce pour pêcher la brème

Une bonne amorce pour la brème, et comme pour tous les autres gros cyprinidés, doit être à forte granulométrie. Mais aussi suffisamment collante afin de pouvoir faire des boules bien serrées ne se cassant pas trop vite sous les premiers coups de nez des poissons.

une brème commune
Brème observée dans son milieu aquatique
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