La tanche

Poisson très populaire parmi les pêcheurs, la tanche connaît un réel succès grâce à ses nombreux atouts. La beauté de sa robe, un magnifique vert bronze avec des reflets un peu or, mais aussi la qualité de sa chair sont très connus. De plus, de par sa méfiance, sa défense obstinée et puissante, la tanche constitue une prise de choix pour les pêcheurs.

Nom scientifique de la tanche :
Tinca tinca ; famille des cyprinidés.
Noms communs ou régionaux :
poisson médecin, schleie, tanque, tinche, tinque…

tanche
Tinca tinca

Caractéristiques physiques de la tanche

  • Morphologie : poisson au corps épais et massif, la tanche donne une impression de force tranquille. Celui-ci est d’ailleurs recouvert d’un mucus sous lequel les petites écailles sont fortement implantées.
  • Nageoires : celles-ci sont épaisses et solidement insérées et arrondies.
  • Bouche : celle-ci possède des lèvres charnues et protractiles, avec deux petits barbillons.
  • Couleur : si le dos est brun verdâtre, les flancs plus clairs ont des reflets cuivrés ou dorés. Le ventre quant à lui est blanc jaunâtre.
  • Taille : celle-ci varie de 25 à 35 centimètres, mais certains sujets peuvent atteindre 60 centimètres pour 6 kilogrammes.
  • Différence entre mâle et femelle : la tanche est un des rares poissons de nos eaux douces dont on peut facilement distinguer le sexe en dehors de la période de reproduction. En effet, les nageoires pelviennes (ventrales) du mâle sont plus longues et plus épaisses et robustes que celles de la femelle.

Reproduction

La fraie a lieu de mai à juillet, selon les régions et les années. Elle donne lieu à des ébats bruyants dans les végétations aquatiques de bordure. Les femelles sont très prolifiques et peuvent pondre jusqu’à 400 000 œufs qui vont adhérer aux plantes.

Habitat et niche écologique

Poisson plutôt calme, la tanche évolue généralement en petits groupes de 2 ou 3 individus de même taille. Elle flâne paisiblement au milieu des herbiers, fouillant la vase de son museau, grignotant de jeunes pousses ou montant en surface où elle pipe en produisant un bruit de succion bien caractéristique.
La tanche est aussi un poisson d’eau chaude. En effet, dès que la température de l’eau passe sous la barre des 10-12 degrés Celsius, elle cesse pratiquement toute activité.
Sa nourriture se compose de larves, vers, insectes aquatiques ou terrestres, pousses tendres de végétaux, mollusques, petits crustacés, graines… Mais également de temps à autres des alevins voire même de petits poissons !

Tanche dans son herbier
Tanche dans son milieu favori

Modes de pêche

C’est principalement à partir de mars ou avril selon les régions, que la pêche de la tanche devient intéressante. Selon les circonstances, on peut pratiquer à rôder, ou au coup à poste fixe. Dans ce deuxième cas, il est important d’établir son poste aussi près que possible de leurs tenues habituelles. Ce poisson étant d’un naturel très méfiant et très craintif, un maître-mot doit caractériser sa pêche : discrétion. Que ce soit à l’approche, à l’amorçage, ou à l’action de pêche…

Pêche à roder

On pratique cette pêche principalement en eau dormante, lorsque l’on repère des indices de la présence de la tanche.

  • Matériel : une canne de 4,5 à 5 mètres, de préférence à anneaux pour pouvoir allonger ou raccourcir à volonté la ligne. Un petit moulinet avec 50 mètres de fil de 16 à 20/100 selon la taille des poissons et la densité des herbiers.
  • Montage : un flotteur trapu et porteur sur le corps de ligne de 16 à 20/100, suivi d’une plombée étalée. Le bas de ligne sera de 14 à 16/100 avec un hameçon numéro 12 à 14.
  • Esches : des vers de terreau, un bouquet d’asticot, ou de vers de vase, porte-bois, mie de pain frai, cube de pain d’épice…
Action de pêche

Elle consiste à se déplacer en discrétion le long des berges et à repérer les signes de la présence des tanches :

  • Paquets de bulles : on sondera à quelque distance pour régler le flotteur de façon que le bas de ligne traîne un peu sur le fond. On lancera la ligne légèrement au delà des bulles pour la ramener ensuite très en douceur juste au-dessus.
  • Des herbes qui bouge au passage des tanches : il faut repérer le trajet suivi par le ou les poissons et essayer de positionner, dans la mesure du possible, la ligne dans une petite clairière sur le trajet.
  • Des tanches en surface : le mieux est d’avoir une paire de lunettes polarisantes car elles facilitent grandement le repérage des poissons en surface. On descendra le flotteur contre la plombée, et on lancer la ligne un peu à l’écart des tanches, toujours pour ne pas les effrayer. On la ramènera ensuite tout doucement sous le nez des poissons.

Dans tous les cas, la touche hésitante, il faut bien attendre l’enfoncement net du flotteur avant de ferrer. Poisson vigoureux et endurant, la tanche ne cherchera pas vraiment à s’enfuir au loin. Elle va plutôt tourner en rond sur place, et s’enfoncer dans les herbiers les plus épais pour se sentir en sécurité.

Pêche au coup, canne posée

  • Matériel : une canne au coup classique, avec élastique amortisseur peut bien convenir pour la tanche. Mais une canne avec moulinet comme précédemment reste préférable. Surtout que les carpes peuvent souvent s’inviter à la fête… Le matériel de pêche à l’anglaise convient aussi fort bien.
  • Montage : la plombée principale doit être réglée de façon à ce que le flotteur soit équilibré au ras de l’eau. Les touches au relevage n’en seront que plus nettes, mais en plus, le flotteur se trouve soustrait à l’action du vent. Le corps de ligne sera plutôt en 18/100, on choisira un flotteur allongé et bon porteur accompagné d’une plombée mixte ou étalée. Le bas de ligne sera en 14/100.
  • Esches : les mêmes que pour la pêche à rôder. On peut aussi y rajouter le blé et faire tous les panaches possibles.
  • Amorçage : la tanche étant très craintive, le mieux, si on le peut, est de procéder à un bon amorçage la veille de la pêche. Le matin, on pourra ainsi se contenter de lancer de petites boulettes qui ne feront pas peur aux poissons.

Le coup doit être établi à proximité immédiate des massifs végétaux. Le mieux étant au milieu d’une grande clairière de ceux-ci, mais ça peut être risqué selon ce qu’il y a au fond (branches, rocher…). On réglera le bas de ligne de façon à ce qu’il traîne sur le fond. Amorcez en lançant de petites boulettes, puis posez les cannes sur leur support.

On peut aussi très bien pêcher la tanche, comme la plupart des gros cyprinidés, au swing-tip et au quiver-tip.

La tanche, médecin des poissons, légende ou réalité ?

Le monde secret des eaux a souvent frappé les imaginations populaires et engendré au fil des siècles de nombreux mythes et légendes. L’une d’elles raconte que l’abondant mucus présent sur le corps de la tanche aurait des vertus médicinales dont les autres poissons sauraient tirer profit ! Ils viendraient ainsi se frotter contre elle pour guérir de leurs blessures. L’imagination étant sans limite, on a même prétendu que le brochet venait au contact de ce médecin pour guérir de ses maux ! Et qu’en échange, il ne l’attaquait jamais ! Ceci est évidemment faux, une petite tanche constitue un excellent petit vif pour sortir du brochet.
Cependant, cette légende recèle un fond de vérité ! En effet, à certaines époques de l’année, on peut observer ce phénomène. D’autres poissons viennent se frotter contre la tanche. Mais pour le moment, personne n’a pu trouver une explication rationnelle à ce phénomène..

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