Le gardon

Poisson très abondant dans nos eaux douces, le gardon rencontre un grand succès de la part de la grande majorité des pêcheurs. Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer. En effet, c’est le poisson blanc le plus commun et le plus pullulant de nos eaux douces, faisant ainsi la joie des débutants. De plus, il est très facile à rassembler sur un poste bien amorcer. Sa pêche peu s’avérer passionnante et très subtile dans certaines conditions, ce qui en fait un adversaire de choix pour les pêcheurs de compétition. Enfin, les amateurs et les spécialistes de carnassiers le recherchent, car il constitue un excellent vif. C’est effectivement le poisson-fourrage le plus abondant pour tous les carnassiers.

Nom scientifique du gardon :
Rutilus rutilus ; famille des cyprinidés.
Noms communs ou régionaux :
blanchet, roche, rousse, vengeron…

Caractéristiques physiques

  • Morphologie : le corps est fusiforme et un peu aplati latéralement.
  • Tête : elle est petite, se termine par une bouche horizontale avec une lèvre supérieure légèrement protractile.
  • Nageoires : les inférieures et la caudale sont teintées d’un rouge-orangé, la caudale est aussi nettement échancrée.
  • Couleur : le dos est de couleur sombre avec des reflets verdâtres, les flancs sont argentés voire parfois dorés et le ventre est blanc.
  • Taille : il mesure en moyenne de 15 à 25 centimètres pour un poids de 80 à 300 grammes, mais il peut dépasser le kilogramme, constituant ainsi un beau coup de ligne.

Attention, il existe une espèce assez semblable morphologiquement au gardon : le rotengle. Voici trois indicateurs pour les différencier :

  • Le corps : il est plus large et plus comprimé latéralement chez le rotengle, celui du gardon étant fuselé.
  • La bouche : fendue horizontalement ou légèrement vers le haut chez le gardon, elle est très nettement oblique chez le rotengle. De plus, la lèvre supérieure du rotengle est fixe, alors que chez le gardon elle est protractile.
  • Les nageoires : chez le gardon, la naissance de la dorsale et des pelviennes sont sur une même ligne verticale. Chez le rotengle, la dorsale se trouve rejetée en arrière.
Gardon et rotengle
Les nageoires du rotengles sont aussi plus colorées que celles du gardon

Reproduction du gardon

Elle a lieu entre avril et juin selon les régions et donne parfois lieu à des rassemblements immenses sur les meilleures frayères. Ce sont donc les eaux peu profondes et herbeuses avec un petit courant qui ont ce succès. Les mâles arborent une parure de noce avec des boutons blanchâtres sur le dos et la tête. De plus, les écailles deviennent un peu rugueuses.

Habitat et niche écologique

Il occupe de préférence les couches profondes ou l’entre deux eaux des secteurs riches en végétation aquatique.
À l’exception des eaux croupissantes ou des eaux froides ou torrentueuses, le gardon sera présent dans toutes les eaux douces de notre pays. En effet, on le rencontre aussi bien dans les eaux dormantes des lacs, étangs ou canaux que dans les eaux courantes des rivières de plaine, voire même dans le cours moyen de certaines rivières à truite. Dans ces dernières, la quantité de petits crustacés lui réussit très bien, car il y atteint très souvent de belles tailles.

Comportement et nourriture

Le gardon est le modèle type du poisson grégaire. Mais comme très souvent, les bancs sont plus ou moins importants selon la taille des individus. Omnivore, il se nourrit de vers, de larves d’insectes, de mollusques, de crustacés, de débris végétaux, de quantité d’animalcules, de mousse… Il grappille tout cela sur le fond, entre deux eaux, et même à proximité de la surface.

Modes de pêche

Malgré la possibilité de le pêcher en rodant de poste en poste, le gardon est typiquement le poisson qui va se faire attirer suite à un bon coup d’amorçage. Cependant, son abondance et son éclectisme alimentaire ne garantissent pas une pêche à succès ! En effet, rien n’est joué d’avance, et c’est tout l’intérêt de la pêche de ce poisson. Un coup mal choisi, une ligne mal équilibrée, ou pas adaptée, des conditions météorologiques défavorables, peuvent conduire à rentrer bredouille.
Si l’on ne peut pas passer en revue toutes les techniques de pêche du gardon, il est intéressant de faire un point un peu général sur le sujet, et de dire quelques mots de deux d’entre elles parmi les plus subtiles.

Quelques généralités

Choix du poste de pêche

Comme nous l’avons vu plus haut, en règle générale, le gardon répond bien à l’amorçage. Cependant, il sera toujours plus intéressant de s’établir à un emplacement qu’il fréquente naturellement. Or, celui-ci change au fil des saisons ! En hiver, ce poisson se tient plutôt en zone profonde, tandis que les fortes chaleurs de l’été vont le pousser vers des secteurs plus agités et mieux oxygénés. En dehors de ces périodes, il sera préférable de choisir des profondeurs moyennes. De 2 à 3 mètres, à proximité d’herbiers aquatiques. Dans les grands lacs, qu’ils soient naturels ou artificiels, on se penchera vers des secteurs plus profond. Surtout, si l’eau est claire, on ira jusqu’à 8 voire 10 mètres de fond.

Choix de la ligne

Il est important de savoir que le gardon possède des organes tactiles et sensitifs particulièrement bien développés. C’est ce qui explique très souvent les échecs constatés lorsque des pêcheurs utilisent des lignes mal montées avec des hameçons ou des fils trop gros. Pour être bonne, une ligne à gardon doit être fine et sensible. La plombée doit être modifiable à volonté pour répondre aux différentes conditions de pêche, ainsi qu’aux humeurs changeantes du gardon.

Chois de l’esche

Grâce à son éclectisme alimentaire, le gardon accepte de nombreuses esches. Quelles soient végétales (chènevis, blé, pain, pâte, mousse, pomme de terre…) ou animales (vers de vase, asticots, fourmis ailées, larves, sang…).
Cependant, il est aussi capable de faire preuve de sélectivité certains jours. Et malgré l’adage “esches carnées l’hiver et végétales l’été”, il n’est pas souvent possible d’expliquer ses choix. À chacun de se forger sa propre expérience.

Conduite de la ligne

Dans des conditions et avec du matériel identique, c’est la conduite de la ligne qui va faire toute la différence. En effet, de cette conduite dépendent la présentation et l’animation de l’esche au poisson. Ce sont les deux facteurs essentiels de la réussite avec les gardons.

Belle bourriche de gardons
Une pêche de gardon réussie

Le gardon à la pâte

On choisira de préférence une eau calme et un jour sans vent, ce qui permettra de voir l’incroyable diversité des touches ! Touches éclairs, touches profondes, imperceptible relevage du bouchon, mise en biais… Un vrai régal !

  • Matériel : du classique, mais on privilégiera toujours la canne la plus courte et légère possible.
    Une ligne fine d’un seul tenant en 8/100 ou ligne avec un corps en 10/100 et un bas de ligne en 8/100.
    Un ensemble flotteur (fusiforme ou oblong) et plombée le plus faible possible avec un équilibrage de précision pour bien marquer les touches.
    Choisir de préférence une pâte de couleur jaune.
  • Action de pêche : on procédera d’abord à un amorçage de quelques petites boulettes. Puis on fera un rappel toutes les deux à trois minutes pour garder l’état d’excitation des poissons rassemblés sur le coup.
    Après sondage, on réglera le flotteur de façon à mettre l’esche au ras du fond. Mais on modifiera souvent ce réglage au cours de la pêche, lorsque le rythme des touches diminue.
    Il faut animer la ligne en permanence, de petites tirées, de relâchés, de lents déplacements, de tremblotements… Tout en gardant la bannière bien tendue. Il faut pouvoir ferrer au moindre frémissement du flotteur !

Le gardon à la graine

Cette pêche est souvent considérée par ceux qui la pratiquent comme l’une des plus techniques et des plus passionnantes qui soient. Mais contrairement à la pêche à la pâte, c’est dans les cours d’eau qu’on l’apprécie le mieux, car le travail de la ligne est bien plus vivant et bien plus intense.

  • Matériel : globalement similaire à la pêche à la pâte, l’idéal étant par contre, de pouvoir pécher depuis un bateau. Le flotteur sera allongé avec une plombée étalée pour les faibles courants, mais plus trapu et avec une plombée massive en courant soutenu.
  • Action de pêche : on amorcera tout d’abord à l’aide de quelques poignées de graines en amont du coup. Ensuite, une pincée de graines sera lancée à chaque coulée pour entretenir la concurrence entre les poissons.
    On réglera le flotteur pour que l’esche évolue au ras du fond. On travaillera les coulées par un jeu de retenues et de relâchés de formes et d’amplitudes diverses.
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